Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

  • Polyborus
  • Citoyenne intéressée par la politique, la musique, et le dessin... entre autres.
Valeurs fortes :
Loyauté, confiance, honnêteté, solidarité, ... et même, services publics.
  • Citoyenne intéressée par la politique, la musique, et le dessin... entre autres. Valeurs fortes : Loyauté, confiance, honnêteté, solidarité, ... et même, services publics.

 



Il y a    personne(s) sur ce blog.

Recherche

2 novembre 2008 7 02 /11 /novembre /2008 18:14
Ca y est, le temps de chien s'installe. Accidents sur la tangentielle, gentils couillons qui mettent leurs feux anti-brouillard sous la pluie, pour qu'on les voit bien... ça, on les voit... ils nous éblouissent bien aussi. :-)

Les hérissons cherchent des coins où on ne ramasse pas les feuilles mortes, pour s'y planquer et hiberner, les piafs repèrent les jardins où les humains installent des mangeoires, où le pommier Everest est bien rempli...
La classe moyenne retourne à la maison, le thermostat d'ambiance est bien réglé, ça chauffe depuis 1/2 heure déjà, il fait bon dans la maison.

Dans le même temps, dans la rue, c'est le début de la galère. Pieds trempés, parkings fermés (si, si, je vous jure !), résidences protégées... et on n'a même pas de métro à Orléans...
Il va rester le 115 pour une suite royale mais très hypothétique de 8m², pour trois, ou quatre, ou cinq personnes... le service Médecine Gé à l'hôpital, ou... ou quoi ? La voiture ? Dans le meilleur des cas, la camionnette. Et puis les "plans" : une "copine", un "copain", qui peut accueillir le petit dernier dans son appart. Parce qu'en Médecine Gé, on prend les imbibés, les malades, les qui vivent dehors depuis longtemps... mais pas les enfants. Il va falloir faire la queue pour la bouffe, se présenter à l'heure pour le lit de camp, quant à la douche... on verra. Les devoirs ? Ben, une fois qu'on sera au sec ! Donc après 20h. Mais comme on ira manger ensuite, le temps de s'installer sur un bout du lit, de sortir la poésie, la lecture... La fatigue plombe. Papa voulait qu'on continue à marcher, pour ne pas avoir trop froid. Et maintenant, c'est dur... La grande s'endort sur son cahier de leçons, maman la glisse à côté d'elle dans le lit de 90... Elle est bien cette chambre. Ce n'est pas nickel, mais au moins, il y a de bonnes couettes. On a chaud. Même quand le chauffage s'éteint tout seul, entre minuit et 6h. Et puis il n'y a pas de cafard ici. Pas comme dans l'hôtel truc. Il y en avait plein sous le matelas. Et puis les fenêtres étaient toutes moisies, et le vent passait sur les côtés. On ne va pas se plaindre, Dédé, hein ? Quand la puce était petite, on n'avait même pas de chambre du tout, on dormait dans la 305. Pourtant, on avait déjà de quoi payer. On travaille tous les deux. Mais 1400 euros à deux, ça ne leur suffit pas. Et puis le logement social, ça fait longtemps qu'on attend. Ils ont dit hier qu'ils ne nous oubliaient pas. Mais il y a encore du monde devant nous. Il y a pire que nous, bien sûr. On a beaucoup de chance, et on le sait bien.
Tu imagines ceux qui, en plus, doivent se lever à 3h pour être le plus tôt possible à la pref ?
Et ceux qui sont au chaud ou au froid, mais qui ne dorment que d'un oeil, parce qu'après toute une vie passée ici, les impôts payés, les démarches effectuées... interdiction de rester.
Notre histoire à nous est très banale.

Parce qu'il y a beaucoup, beaucoup de gens en galère, là, dehors.
Parce que nous ne devons pas oublier la devise de ce pays : Liberté, Egalité, FRATERNITÉ...

1/ Vous possédez un logement à louer ?
Louez-le à une asso d'entraide.
Ils vous paieront peut-être un chouilla moins cher, mais rubis sur l'ongle, assureront l'entretien, et y logeront des gens qui en ont grand besoin.

2/ Militez pour le retour des toilettes publics gratuits, des douches publiques à bas prix.

3/ Ne balancez pas vos draps et vos couvertures usagés, portez-les au secours pop ou au secours catholique, ou n'importe où si cela peut servir encore.

4/ Militez pour que les logements vides de votre commune soient accordés à la location pour des familles qui en ont besoin, à un tarif réellement adapté à leur situation.

5/ Ouvrez l'oeil...
Vous constaterez que, tout près, des gens sont en galère, et ne le portent pas forcément sur eux...

6/ Et si vous faites partie des édiles... Repensez votre commune.
Il y a beaucoup à faire avec presque rien, sans forcément jouer l'assistanat.

Partager cet article

Repost 0
Published by Polyborus - dans Politique
commenter cet article

commentaires

Laudes 05/11/2008 15:44

Steph, continuez à écrire de belles choses. Cela nous change de Monsieur Martineau, dont le blog vole au ras des pâquerettes. J'aime la profondeur de vos réflexions et le sens de vos engagements. On peut être partisan sans être sectaire, convaincu sans prendre forcément ses adversaires sur une idée pour des imbéciles.
Il faut que les gens se parlent. C'est urgent. Le repli sur soit est terrible en ce moment.

Un autre exemple calamiteux. Une dame perd son mari et se retrouve avec 400 euros de pension de reversion. Elle va devoir vendre sa maison et essaye de placer ses animaux qu'elle ne peut plus nourrir. Ceux-ci sont sous la menace d'une euthanasie chez le vétérinaire. Je crois relire Zola en vivant cela, à deux pas de chez moi.

Laudes 05/11/2008 15:44

Steph, continuez à écrire de belles choses. Cela nous change de Monsieur Martineau, dont le blog vole au ras des pâquerettes. J'aime la profondeur de vos réflexions et le sens de vos engagements. On peut être partisan sans être sectaire, convaincu sans prendre forcément ses adversaires sur une idée pour des imbéciles.
Il faut que les gens se parlent. C'est urgent. Le repli sur soit est terrible en ce moment.

Un autre exemple calamiteux. Une dame perd son mari et se retrouve avec 400 euros de pension de reversion. Elle va devoir vendre sa maison et essaye de placer ses animaux qu'elle ne peut plus nourrir. Ceux-ci sont sous la menace d'une euthanasie chez le vétérinaire. Je crois relire Zola en vivant cela, à deux pas de chez moi.

Eric 2 Mulhouse 04/11/2008 21:49

Steph,

Un post que je partage à 200 % .

Je profite de l'occass pour répondre ... rapport au post chez fuzolo ... le tient ... bien sûr !!!


Bésitos


Eric

Steph / Polyborus Plancus 04/11/2008 10:03

Même si je 'réagis' sur certains points que vous avez évoqués, je passe et retiens que nous sommes globalement d'accord... :-)

Une nouvelle forme de 'délit' (j'espère ne pas me tromper sur le terme à employer) voit le jour : pour éviter la rue, et continuer à payer tant bien que mal leur loyer, voilà que des gens se mettent à voler dans les magasins... mais plus à la sauvette.
Les temps ont-ils changé ?
Avant, on volait une pomme sur l'étalage, un poulet, une orange.
Maintenant, on sort avec le caddie plein de bouffe (j'ai bien dit bouffe, pas de lecteur DVD ou autre), et on met le vigile au défi de réagir face à l'arme qu'on tient chacun dans la main.
"Je dois nourrir mes gosses : tu crois que tu vas m'en empêcher ?"
Cas réel d'un supermarché de l'Est de l'agglo, dont le directeur, un gars très bien, qui jongle avec les obligations de sa profession et la crise, a accepté de me raconter quelques unes de ses inquiétudes sur la société.

A noter, un petit ajout chronique de la mort ordinaire :
http://www.lepost.fr/article/2008/11/03/1314532_un-sdf-decede-de-froid-a-clichy.html
--> Et de deux...

Laudes 04/11/2008 08:45

Je vais rajouter à mon commentaire ceci, lu sur une lettre d'information pour les associations :

"Les jours passent et l'oeil du cyclone se rapproche. La crise, la vraie, celle qui va vraiment nous toucher et mettre à terre les plus faibles n'est pas encore là, mais elle arrive.

On peut la sentir, la toucher du doigt, à la caisse des supermarchés, dans les boulangeries et dans la rue bien sûr...

Mais, le plus étonnant, c'est le silence qui précède... Silence inquiétant des français, rien ne filtre, rien ne bouge, on ne sait pas, on attend.

Rien n'est pire que le silence qui recouvre une profonde colère..."

http://www.loi1901.com/lettrasso/04-11-2008.html