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  • Citoyenne intéressée par la politique, la musique, et le dessin... entre autres.
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17 décembre 2008 3 17 /12 /décembre /2008 16:13
De Jean-Marie Darmian, maire de Créon (Gironde) et Conseiller Général.
Merci de lire attentivement. Vous avez là une occasion intéressante de mieux comprendre les choses, loin des préjugés et des railleries habituelles.
Polyb.

Lettre ouverte aux citoyennes et citoyens soucieux de sauver l'école publique républicaine

 

Les Françaises et les Français se laissent actuellement abuser par des attaques sectorielles incessantes contre le système éducatif présentées comme des réformes inévitables alors qu'elles ne sont que l'application d'un plan cohérent de destruction de l'école publique républicaine. En tant que Maire, Conseiller Général de la Gironde et ancien instituteur  je suis effaré par l'accumulation des mesures destructrices qui laissent préluder à une mise en pièces de l'enseignement primaire et une "marchandisation" de l'acte éducatif jusque là encore sous la responsabilité régalienne de l'Etat. Jugez un peu.

 

Depuis sa nomination en mai 2007, le ministre de l'éducation nationale, Xavier Darcos, a en effet déjà à son actif : 


       • la suppression de la carte scolaire, qui institue la concurrence entre écoles et accélère la formation de ghettos scolaires ;


       • la promulgation de « nouveaux » programmes (dont les rédacteurs ne sont toujours pas connus !) contraires à l’avis de la profession et des chercheurs, après une mascarade de concertation, menée dans la précipitation ;


        • la diminution de 2 h du temps hebdomadaire d'enseignement (l'équivalent de 3 semaines par an !) et la réorganisation de la semaine décidée contre les préconisations des professionnels et des spécialistes des rythmes scolaires et qui génère beaucoup plus de frais de garde pour les familles qu'un simple jour de grève. Encore une fois les familles auront la double peine : garde à régler et impôts locaux en hausse en raison des difficultés financières rencontrées par les structures d'accueil (Centres de loisirs) qui devront se substituer à l'Etat ayant délaissé les enfants ;


        • le discrédit jeté sur l'action des enseignants de l'école publique, notamment en trompant l’opinion sur les performances de l’école française dans les évaluations internationales et sur le coût réel de notre école ; il ne cesse d’accréditer l’idée, portée par les groupes ultralibéraux, mais démentie par les spécialistes, que les résultats français sont plus mauvais que la moyenne et en baisse et que les dépenses sont plus élevées que nos voisins et en hausse ;


        • des déclarations insultantes sur les maternelles considérées comme de simples garderies où le travail des enseignants consiste à « surveiller la sieste et à changer les couches » ;


        • la disparition programmée des IUFM, revenant à supprimer la formation professionnelle, au lieu de chercher à l’améliorer ;


        • l'étranglement financier des associations éducatives complémentaires de l’enseignement public qui vont devoir abandonner des champs entiers de l'action éducative et fermer de nombreuses structures ;


       • les atteintes au droit syndical, au paritarisme et au droit de grève avec l'installation coercitive du Service Minimum d'Accueil (SMA) ;


        • la mise en place du fichier base-élèves, comportant des données qui mettaient gravement en cause les libertés individuelles et le droit à l’éducation des enfants étrangers, quel que soit le statut de leurs parents ;


        • le financement (pour 220 000 euros) d'une officine privée qui doit surveiller les prises de position des enseignants sur internet, (« repérer les leaders d’opinion, les lanceurs d’alerte et analyser leur potentiel d’influence et leur capacité à se constituer en réseau » : libellé exact de l'appel d'offres)


        • la mise en place d'un pseudo soutien scolaire totalement inefficace dans les faits en raison des contraintes temporelles et matérielles qu'il impose à des enfants déjà en difficulté;

 

Il vient aussi de faire inscrire dans le budget 2009 :


        • la suppression brutale de 3 000 postes d'enseignants spécialisés des RASED, tout en proclamant vouloir diviser par 3 le taux d’élèves en grande difficulté scolaire et en tentant de faire croire que la mise en place des 2 h d’aide personnalisée pourrait remplacer le travail des enseignants spécialisés ;


       •  la baisse de 30 % des postes mis au concours en 2009 et, par voie de conséquence, de la formation continue remplacée par les PE2, avant sa disparition totale en 2010…

 

Tout récemment, il a confirmé que d'autres « réformes » seront mises en place en 2009 :


        • la création de l’Agence nationale du remplacement, qui pourrait employer des maîtres non certifiés et précarisés avec statut privé ;


        • la création des Etablissements Publics d'Enseignement Primaire et la caporalisation des maîtres par des « super-chefs », les directeurs d’EPEP (500 postes ont été budgétisés pour cela). Son application sur les écoles de moins de 4 classes va détruire l'enseignement public de proximité et les liens avec les familles et els élus locaux ;


        • la suppression de la maternelle entre 2 et 3 ans, remplacée par un « jardin d'éveil » à la charge des communes et des familles, premier pas vers la suppression de la maternelle avant 5 ans, réclamée par des amis politiques du ministre ;


        • la fausse suppression de l'article 89 sur le financement des écoles privées qui va peser lourdement sur les petites communes et qui va créer une inégalité scolaire désastreuse pour l'école rurale ;


      •  plutôt qu’une revalorisation des salaires des enseignants, l'annonce qu'il octroiera une prime de 400 euros aux maîtres qui feront passer les évaluations nationales au CE1 et au CM2 alors que depuis toujours les enseignants assument la passation d’épreuves d’évaluation, la correction et l’analyse des résultats, sans penser à demander une rémunération spéciale, car l’évaluation des apprentissages des élèves a toujours  fait partie de leurs missions ;    

     

           Nous, élus locaux, en première ligne pour combler les carences prévisibles du système éducatif,  ne pouvons plus continuer à subir cette politique scolaire fondée sur la concurrence entre, les collectivités, entre les élèves, entre les familles, entre les écoles et entre les maîtres. Elle est contraire à l’idéal de citoyens responsables et solidaires qui fonde notre école laïque et républicaine.


          Tous les élus républicains doivent en avoir conscience et dénoncer cette avalanche de coups bas contre le corps enseignant abandonné dans la tourmente de réformes qui ne visent qu'à l'humilier. La dégradation des conditions d'enseignement dans toutes les écoles, le transfert permanent insidieux des charges vers les communes, la privatisation rampante de tout ce qui est lié à l'éducation des enfants, la mise en pièces du mouvement laïque complémentaire de l'école sont les axes essentiels de ce qui est faussement présenté comme une réforme indispensable pour améliorer la qualité de l'enseignement alors qu'elle ne conduisent qu'à son affaiblissement mortel.


     L'école publique est gravement menacée et, dès la prochaine rentrée, les conséquences de ce plan parfaitement maîtrisé se feront durement ressentir sur le terrain. Les communes seront obligatoirement concernées par ces mesures cumulées et devront répondre à l'attente des familles dans un contexte social et économique inquiétant. Je vous invite donc dans toutes les instances où vous siégez à condamner globalement et fermement cette politique négative et dangereuse pour l'école laïque à laquelle la république doit tant.

 

Jean Marie DARMIAN

Maire de Créon

Conseiller général de la Gironde

Commandeur dans l'ordre

des Palmes Académiques

 
Pour alléger le tout... voici un petit cadeau :

   

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Published by Polyborus - dans Politique
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commentaires

Bernard Bonnejean 21/12/2008 22:06

A QUOI SERT L'ECOLE ET LA CULTURE ?
Texte à méditer pour ceux qui le désirent.

ROME, Dimanche 21 décembre 2008 (ZENIT.org) - Benoît XVI a salué, après l'angélus de midi, une association inspirée par un prêtre anti-mafia assassiné qui a pris le nom de « Quelli della Rosa Gialla », « Ceux de la Rose Jaune », de Palerme.

Ils ont choisi cet emblème parce que c'était la rose préférée de Don Pino Puglisi (1937-1993), curé de Palerme qui voulait protéger les enfants siciliens de la Mafia et a été assassiné dans sa paroisse d'un coup de pistolet à la tête par les mafieux de Brancaccio, le 15 septembre 1993 .

« Je salue avec affection (...) les fidèles venant de l'association « Ceux de la Rose Jaune », de Palerme, qui a réalisé une œuvre théâtrale ispirée par le témoignage du regretté Don Pino Puglisi », a dit le pape avant de conclure à l'adresse de tous les fidèles présents : « A tous je souhaite un bon dimanche et un Noël de joie et de paix. Tous mes vœux ! Bon dimanche ! »

« Ceux de la Rose Jaune » ont formé cette association socio-culturelle et récréatice pour offrir aux jeunes du quartier « Brancaccio » de Palermo une alternative. On peut découvrir certains des morceaux de leur comédie musiclae en cliquant sur l'adresse du site, dont « Et si chacun fait quelque chose ...» « E si ognuno fa qualcosa... », alors, « tout changera, ce monde peut changer ».

Ils donneront une représentation de leur comédie musicale « Father Joe » (car Pino, c'est le diminutif de Giuseppe, Joseph, et donc Joe !), demain soir à Rome, au théâtre qui porte le même nom que leur quartier palermitain, le « Brancaccio ».

Rappelons que les 7, 8 et 9 mars 2008, les secrétaires généraux des commissions européennes de Justice et Paix se sont réunis à Palerme pour « manifester leur soutien à l'Eglise de Palerme dans sa lutte contre la Mafia ». En effet, ce combat concerne toute l'Europe. Le Conseil pontifical justice et paix était également représenté.

Ce soutien a été manifesté publiquement lors de la célébration à la mémoire des victimes de la Mafia, à l'endroit même où le P. Pino Puglisi a été assassiné. Les participants ont ensuite rejoint la paroisse où travaillait le père Puglisi pour une eucharistie célébrée avec la communauté locale.

« La mafia repose sur la peur de ses interventions meurtrières et sur l'ignorance. Le père Puglisi a été assassiné parce qu'il entendait sortir les jeunes des griffes de l'ignorance et de la mafia en les scolarisant. Un intervenant, non croyant, est ainsi venu nous dire qu'à ses yeux, seule l'Eglise peut oser remettre ce système en cause. Par notre présence à Palerme, nous avons voulu marquer notre solidarité avec l'Eglise de Sicile dans sa lutte pour la paix », a rappelé à cette occasion Mgr Gérard Defois, élu le 29 septembre 2008, président de « Justice et Paix Europe ».

Bernard Bonnejean 20/12/2008 23:41

Merci pour "le petit cadeau" ajouté au début.

Si tu savais tous les "mots de billets" que j'ai pu recevoir. Dans la Mayenne, on n'évite aucun pléonasme : on écrit des mots de billets, on a mal à la cheville de pied... Il est vrai que maman [c'est pas bon, tous ces souvenirs de mes morts chéris qui affleurent dans mon cerveau depuis un moment], originaire de l'Aisne, lavait le sol avec une "loque à loqueter", c'est-à-dire une serpillère. Ce qui suppose qu'il puisse exister des loques qui ne loquettent pas...

Bernard

Si le tutoiement, que vous avez employé la première, vous dérange, je suis prêt à revenir au vous pour t'adresser la parole.

Steph / Polyborus plancus 20/12/2008 00:26

Merci Bernard.
Je reconnais bien des choses, et j'ai bien souri...
Je suis sûre que vous connaissez, mais j'en profite pour ajouter une bande sonore à l'article...
Ca ajoutera un peu d'humour après la lettre de Darmian, qui, visiblement, est trop sombre pour donner envie de réagir à mes lecteurs.
Sauf vous. :-)
Je vous laisse l'écouter (la ré-écouter, sans doute).
:-)

Bernard Bonnejean 20/12/2008 00:08

Commençons par les prémisses les plus élémentaires que chaque enseignant débutant, à quelque niveau que ce soit, devrait posséder avant de commencer

1- Tout enfant doit sa réussite à l'hérédité familiale. Principe admis dans tous les milieux et qui ne souffre pratiquement aucune exception.
Ainsi, tout enfant bon en maths, c'est grâce à son père ; bon en français, grâce à sa mère ; bon en dessin comme la tante Julie qui a réussi dans les Beaux Arts. Il ne viendrait à l'idée de personne d'imputer les progrès du génie en herbe aux leçons données par l'instituteur ou le professeur ;

2- Principe corollaire du premier : tout enfant qui échoue, c'est la faute de l'école. Vocabulaire : on appelle "école" en ce cas, non pas tout le système scolaire mais uniquement les maîtres ou maîtresses qui professent les matières où l'élève éprouve des difficultés.

Quelques cas de figure à considérer :

a) Un enfant ne peut pas échouer par manque d'aptitude.

b) Première cause fréquente d'échec : les atomes crochus.

- Forcément, le maître ne l'aime pas.
- Forcément, il n'aime pas le maître.
- Forcément, il n'est pas aimé de ses camarades
- Moins fréquemment, le chef d'établissement, le conseiller d'éducation, l'infirmière quand il y en a une ou l'orientatrice professionnelle quand il y en a une.

c) Deuxième cause d'échec : le maître

- Trop vieux = gâteux
- Trop jeune = inexpérimenté
- Trop "cool" = laxiste
- Trop sévère = paralysant
- Débutant = rédhibitoire et imparable
- Jeune fille coquette = dévergondée
- Vieille fille vraie ou supposée = méchante et vindicative ; n'aime pas les enfants

d) Troisième cause d'échec : le dysfonctionnement scolaire

- Trop de leçons ou pas assez de leçons
- Trop de devoirs ou pas assez de devoirs
- Trop de bruit dans la classe
- Trop de tension dans la classe
- Trop de récréation ou pas assez de récréation

e) L'argument alimentaire

- Il mange mal à la cantine
- Il y mange n'importe quoi
- Trop gras, trop de frites, du ketchup sur les frites

f) La santé ou la fatigue

- Travaille trop
- Ne sait pas se reposer
- Il a souvent mal là ou là ou là
- Pour les filles (le truc imparable auprès des profs mâles) : j'peux pas, M'sieur, j'ai mal au ventre.

Dans tous ces cas, inhérents à la condition de prof, d'élève et de parents, faire la part des choses, garder le sourire à défaut d'être objectif et ne jamais perdre patience.

Bernard Bonnejean 19/12/2008 19:39

Pardonne-moi, Steph, mais à mon âge il faut plus de temps pour cogiter.

Je ne serai sans doute pas capable, par manque de temps, d'aborder tous les problèmes posés, mais sache que ceux que je traiterai le seront avec sincérité et sans aucune complaisance, même à l'égard des opinions que tu peux défendre.

Mais avant de commencer, j'aimerais ne te faire aucun tort, si bien que j'ai décidé d'ouvrir le débat par une lettre ouverte.

LETTRE OUVERTE A MONSIEUR LE PREMIER MINISTRE, ANCIEN MINISTRE DE L'EDUCATION NATIONALE, CONSEILLER MUNICIPAL DE SOLESMES (SARTHE), A MONSIEUR LE MINISTRE DE L'EDUCATION NATIONALE, A MONSIEUR LE RECTEUR D'ACADEMIE, A MONSIEUR L'INSPECTEUR D'ACADEMIE

Professeur de lettres modernes dans plusieurs établissements privés catholiques sous contrat d'association des Pays de Loire, notamment dans le département de la Mayenne, jusqu'à ces dernières années, je crois avoir acquis le droit et la connaissance suffisantes pour émettre une opinion sur les problèmes soulevés par Madame Steph/Polyborus Plancus ;

n'ayant pas de blog personnel, j'écris sur le sien ce qui n'implique nullement qu'elle partage les mêmes idées, voire les mêmes convictions que les miennes ;

en conséquence de quoi, il serait particulièrement malvenu de lui imputer quelque remarque que ce soit susceptible de paraître inconvenante à votre égard ou indigne d'une déléguée de parents d'élèves de l'enseignement public ;

en outre, il serait aussi malvenu de vous réjouir d'autres analyses en votre faveur, dont elle ne serait être tenue pour responsable ;

en tout état de cause, Messieurs les ministres et secrétaires d'Etat, monsieur le Recteur, monsieur l'Inspecteur, sachez que désormais je puis parler en homme libre, aussi indépendant de l'Education nationale que d'un quelconque syndicat, ou parti, ou établissement privé sous contrat ou non.

Signé : Bonnejean Bernard