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  • Polyborus
  • Citoyenne intéressée par la politique, la musique, et le dessin... entre autres.
Valeurs fortes :
Loyauté, confiance, honnêteté, solidarité, ... et même, services publics.
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21 février 2009 6 21 /02 /février /2009 22:52
Il y a des moments où je me demande si une vie entière sera suffisante pour faire le tour de ce qui m'intéresse.

Gamine, j'étais à fond dans le moule : il fallait bien travailler à l'école pour avoir un chouette métier plus tard : celui qui me plairait et que je choisirais. Il faut croire que j'avais quelques facilités, et ça s'est donc plutôt bien passé.
Côté réalités de la vie, j'étais une privilégiée parmi des mômes aux histoires compliqués, tordues, détruites, mais je ne voyais que le positif : ils étaient là pour aller mieux, et ils allaient s'en sortir.
C'est vers 10 ans que j'ai tout pris en pleine poire : non, ils n'allaient pas forcément s'en sortir. Non, mes parents non plus d'ailleurs. Ce fut comme une momumentale claque : l'injustice du monde, la misère, le racisme, l'intolérance...
Fini l'innocence, bonjour tristesse. J'étais devenue une privilégiée consciente.

En plus de bosser dur pour mes bonnes notes, je lisais beaucoup beaucoup beaucoup, j'écrivais, je crayonnais de temps en temps.

Je devais avoir 12 ans quand j'ai envoyé un mini-roman à un magazine pour ados. J'espérais qu'ils le publient... :-)
Evidemment ils n'en ont rien fait, mais j'ai reçu une gentille lettre me disant de persévérer...

Un peu plus tard, j'ai récupéré une chouette photo de ma mère, qui me plaisait beaucoup. J'ai passé quelques heures à crayonner son portrait, et je lui ai offert. Elle l'a ressorti il y a quelques mois, et accroché au mur. Un signe ?

La lecture, l'écriture, le dessin (ou encore le"peinturlurage-assemblage-collage-bidouillage en relief"), chez moi, c'était  (et c'est toujours) spontané, nécessaire, évident... mais évidemment accessoire, évidemment repoussé au loisir, évidemment pas une voie à part entière.

Devenue adulte, entrée dans la vie active, j'ai choisi la complexité, oui, comme je l'ai déjà dit. :-)
Ne surtout pas choisir un mec ordinaire.
Ne surtout pas attendre d'être "installée" dans la vie pour avoir un enfant.
Ne surtout pas me faire aider par mes parents.
Ne surtout pas choisir un métier à fric.
Ne surtout pas m'éloigner de la vraie vie.
Ne surtout pas faire du social... Ah ben là... Plouf !! En plein dedans, l'air de rien, et même si ça ne s'appelle pas officiellement comme ça.

J'aurais pu faire autre chose. Mais je ne me serai pas regardée en face.
Au moment de faire le choix final, c'était devenu une évidence.
Je ne le regrette pas, parce que mes métiers (officiellement un, mais en fait, au vu des expériences, déjà un bon paquet) sont passionnants.
Mais... QUAND pourrais-je faire les autres ?? Ca passe si vite !
Quels autres ?
Mais...
Architecte.
Maçon.
Charpentier.
Auteur.
Dessinateur.
Compositeur.
Et même tous ceux auxquels je ne pense pas encore !

C'est que... aux moments clefs de mes études, je ne me connaissais pas.
Est-ce qu'on se connaît, à 12 ans ? à 15 ? à 17 ? Non. Pourtant, on doit faire des choix.
Souhaitez-vous faire telle option ? Telle filière ? Telle fac ?
pfff.... Comment voulez-vous que je vous dise ???!!!
Alors j'ai choisi ce que j'ai pu, en mettant de côté plein de choses... comme l'expression artistique.

J'étais adulte (et propriétaire... ou plus exactement "endettée") quand j'ai découvert (et adoré) les métiers du bâtiment.
Là, on est en pleine création !
Architecture, menuiserie, maçonnerie, ... ( Je passe sur le boulot de plaquiste, je crois que là, ce n'est pas pour moi... !! Enduire, poncer, ré-enduire, re-poncer, re-ré-enduire, re-re-poncer... RRRAaaaahhhh !!! )
Par contre, la charpente (sans cette saleté de maladie de Raynaud tout de même assez handicapante) ça me dirait bien. Ca, j'ai vu faire... mais c'est passionnant.

A vrai dire, tout ce qui passe par l'imagination et la création, ça me va.
Mais donc je me dis que j'ai peut-être loupé un coche.
Vous savez, au moment où il fallait choisir ?

Aujourd'hui, le moment est évidemment trop tardif, et trop coûteux en années sabbatiques pour que je puisse me le permettre. Les écoles d'architecture d'intérieur par ex. ne prennent pas à l'âge adulte, et le nombre d'années d'études dépasse de très loin les capacités de la formation professionnelle à laquelle j'ai droit.
Quand j'ai contacté un professionnel pour qu'il me donne son avis sur une possibilité de reconversion, il m'a envoyée bouler : "Ah, y'en a marre de ces mamans qui veulent faire architecte d'intérieur sous prétexte qu'elles ont posé une frise de papier peint dans la chambre de bébé !!!"
Là, je ne l'ai pas tout à fait dit comme ça, parce que je suis polie, mais j'ai pensé très fort :
"Mon truc à moi, c'est l'enduit à la chaux après une tonne de gravats, Du Con, et je t'emmerde."
En fait, c'est lui qui m'emmerde. Parce qu'il fait un boulot passionnant et que je n'y ai pas accès. :-(
Mais enfin il est très con. (J'ai le droit de dire ça d'un monsieur qu'on ne peut pas identifier, hein ?)

Professionnellement, j'ai une grande marge de manoeuvre... mais côté création, je ne m'y retrouve pas. J'ai besoin de patouille.
Quand je vais mal, deux ou trois jours d'enduit, et ça repart.
Mmmm. Je suis bizarre, hein ?

Bref, après bien des prises de tête, et alors que ça fait déjà des années que j'ai envie d'écrire et dessiner des albums pour enfants, de faire de la BD de presse, je me dis qu'il faudrait peut-être que je m'y mette.

Sauf que je ne sais pas dessiner.
J'aime ça, nuance. :-)
Je n'ai aucune connaissance théorique, je n'ai jamais suivi de cours, je n'ai pas "appris".
Je peux rester plusieurs heures à crayonner, reprendre, bidouiller, tester...  Le temps m'aura paru court et j'aurai l'impression d'avoir à peine effleuré la question qui m'intéresse. Mais il est temps que j'apprenne.

Je suis allée sur le net (... ben quoi ?) et j'ai farfouillé.
Jusqu'à trouver Les Coinceurs de Bulles.
Je découvre, j'apprends, je dévore... et j'y retrouve tout autant : des évidences ressenties, mises en mots et explicitées, que des tonnes de conseils parlants pour qui, comme moi, essaie de dessiner.


Je m'y attèle donc.
Je vais suivre les conseils des coinceurs, et essayer d'apprendre.
Vous me direz si je progresse ?
Bon, là, ça tombe mal, je viens d'apprendre que ma chef attend de moi un énorme boulot pour début avril.
Mais... il n'y a pas que le boulot dans la vie...
?
  

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Published by Polyborus - dans Dessin
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commentaires

polikarpov 23/02/2009 13:57

B§B, la guitare, seulement la guitare...

Bernard Bonnejean 23/02/2009 12:21

Si vous saviez, Stéphanie, ce que votre silence méprisant ou prudent (quelque part c'est la même chose) me fait souffrir ! Vous répondez à tout le monde sauf à moi.
Pour qui, ou pour quoi, me prenez-vous ? Mes intentions sont parfaitement pures et honnêtes. Vous devriez l'avoir compris, non ?
Mais qu'est-ce qu'on a bien pu vous raconter ?
Je crois, à moins que vous ne me détestiez vraiment au plus haut point, qu'il est temps de lever la punition. On a tellement de sujets sur lesquels discuter, même pour s'engueuler pourquoi pas ?
Si vous effacez ce message, je saurais ce que ça veut dire.

Bernard

Steph / Polyborus plancus 23/02/2009 10:07

Et on se retrouve à écrire des sottises sur internet, tu vois... où le besoin de création nous mène !
:-)

Moonbloggeur 23/02/2009 09:19

J'ai bien cru que c'était moi qui avait écrit cet article !!! Que de ressemblance avec ce que j'ai vécu. Le genre d'article que je n'écris que dans ma tête mais que je n'ose pas publier ...

Laudes 22/02/2009 19:44

Bonjour Madame Polyborus,

je crois avoir été le premier à faire remarquer sur votre blog que vous aviez un excellent coup de crayon.

J'espère que les "cours" ne viendront pas trop influencer votre talent.

Personnellement, je crois que l'on peut presque tout apprendre. J'ai appris les techniques de plaquiste avec un ami, ingénieur en mécanique de profession, auto-didacte pour atteindre le niveau de chef de projet en informatique, et qui a appris tout seul plusieurs langages de programmation.

Mais c'est avec un plaquiste professionnel que j'ai appris les meilleurs trucs, pour les bandes, notamment dans les angles. Cet homme arrivait à faire les bandes de 200 mètres carrés de surface en 4 ou 5 fois moins de temps que d'autres que j'ai rencontrés.

Mon regret personnel concerne le fait que je ne sache pas jouer correctement d'un instrument. L'ordinateur ne remplace pas tout.