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  • Citoyenne intéressée par la politique, la musique, et le dessin... entre autres.
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Loyauté, confiance, honnêteté, solidarité, ... et même, services publics.
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24 mai 2009 7 24 /05 /mai /2009 22:30
Si vous avez un peu suivi les infos ces derniers temps, vous avez dû entendre les soucis de Barack Obama pour obtenir le budget nécessaire à la fermeture de Guantanamo.
Les démocrates s'en mêlent, parce qu'ils ont peur. Peur de relâcher des terroristes "dans la nature", c'est-à-dire dans des prisons "ordinaires". Or, il est juste question de leur rendre leurs droits. D'en finir avec les enfermements sans véritable procès. D'en finir avec traitements inhumains qu'ils subissent.

Evidemment, dès qu'on croit aux droits de l'homme, on se dit qu'Obama a raison. Mille fois raison.
Même si, évidemment, le cas de Guantanamo est complexe à résoudre.
Parce qu'un criminel, aussi odieux soit-il, reste un être humain. On ne peut pas déroger à ce principe de base. Sinon, on ouvre la porte à tous les excès... y compris les injustices graves.
Or, dans les prisons françaises, on s'approche de l'extrême, de l'insupportable, toujours plus près, et il ne se passe pas grand chose pour y remédier. Appels aux secours des uns et des autres. Et après ?

SURPOPULATION
Imaginez le quotidien à 6 (ou plus !), incarcérés dans une pièce de 9 m2.
Imaginez seulement la VIOLENCE que cela peut générer.
Croyez-vous qu'on prépare le prisonnier à un avenir, à une sortie possible, dans ce genre de conditions ?
Et certaines fenêtres cassées tant qu'à faire, pas d'eau chaude, une douche par semaine (en ce moment, alors que la chaleur s'installe, vous imaginez 6 personnes ensemble dans un réduit sans douche avant vendredi par exemple ?), quelques sorties dans une cour haute de murs...
En prison, on ne sait pas sur qui on va tomber.
On ne choisit pas ses voisins, pas plus que ses compagnons de chambre.
Comment VOUS supporteriez-vous cette promiscuité permanente ? ...

Ajoutez à la surpopulation :

- des effectifs trop réduits de surveillants
- des locaux délabrés, voire insalubres
...
- un cruel manque de soin (psychologique, psychiatrique, notamment)
- de la maltraitance morale et physique.

Et hop, vous obtenez le cocktail détonnant qui va créer toutes les conditions CONTRE une réinsertion : attitudes suicidaires, violence contre la société, folie.


"Et alors, me direz-vous ? Ils n'avaient qu'à pas ... !"
Sauf qu'il n'y a pas QUE de "vrais" criminels en prison. Erreurs judiciaires, détentions provisoires qui durent des mois -voire des années- jeunes mineurs mélangés aux majeurs, etc.
Et dans tous les cas, l'intérêt d'une société n'est pas de créer un tel nid à emmerdes.
Pas plus qu'une société moderne et respectueuse des droits de l'homme n'a à traiter qui que ce soit de la sorte. (oui, je sais, qui a dit qu'on était vraiment dans une société respectueuse des droits de l'homme...?)

Oui, ceux qui sont coupables méritent d'être enfermés, parce qu'on n'a pas de meilleure solution.
Sauf que pour se regarder en face, il faut que la prison SERVE A QUELQUE CHOSE. C'est-à-dire que le criminel y soit traité décemment, mais aussi suivi, soigné, accompagné, pour qu'il reprenne petit à petit le chemin de la citoyenneté.
OUI, c'est POSSIBLE. Pour cela, il faut des moyens...

Dans nombre d'établissements sociaux, on gère, tant bien que mal, des jeunes en réelle rupture avec le système. On fait du mieux qu'on peut pour redonner un sens à la vie à des ados ou des jeunes adultes, en souffrance TELLE qu'ils ont mis en place des comportements complètement déviants. Aux éducteurs, aux soignants, de les aider... sans beaucoup de moyens, croyez-moi... Nos grands pontes ne comprennent rien...
Pourtant, même si on n'en "sauve" qu'un sur dix, ou même un sur vingt, ça vaut le coup.
Parce que ce sont des vies humaines. Et qu'elles valent les efforts fournis.
Même quand c'est dur, dur, dur.

Dans nos prisons, il y a un GROS BOULOT à faire. Qui n'est pas fait.
Je ne dis pas que les gens de terrain qui y travaillent ne font pas de leur mieux.
Je dis qu'ils n'ont pas assez de moyens.
Que leurs conditions de travail, associées aux conditions d'existence trop souvent infâmes des prisonniers, créent une violence inouïe, et un désarroi permanent qui se transforme en désespoir. Si nous nous taisons, nous en devenons en partie responsables.
Combien de suicides ?
Combien de maltraités ?
Combien de désespérés, prêts à tout, pour ne plus vivre cet enfer ?

Je sais. Il y a déjà bien assez à faire "ici".
C'est la crise. On ne s'en sort déjà pas, alors nous occuper d' "eux"...
Mmm. Sauf qu' "eux", il faut prévoir leur retour "ici". C'est à nous tous de le préparer.

Bien à vous,

Polyb.



En savoir plus :


http://www.mediapart.fr/journal/france/220509/prisons-francaises-un-detenu-denonce-la-torture-blanche-des-quartiers-d-isolem

http://jpsueur.blog.lemonde.fr/2009/05/15/maison-darret-dorleans-des-mesures-urgentes-simposent/

Autres articles de Polyborus sur ce thème :

Prisons françaises : à quand un peu de dignité humaine ?

Le funambule


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Published by Polyborus - dans Prisons
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commentaires

Steph / Polyborus plancus 27/05/2009 23:49

@ Mazzhe :
C'est exactement ce qui cloche :
On ne prévient pas, on ne soigne pas, on n'aide pas.
Punir, punir, si ce n'est pas pour éduquer, à quoi ça sert ? A torturer ? C'est indigne de notre société. Et irresponsable.

Mazzhe 27/05/2009 19:13

Polyb, j'aime beaucoup ton analyse sociale ("du point de vue de la société") de la prison : l'intérêt d'une société n'est pas de créer un tel nid à emmerdes. Pas plus qu'une société moderne et respectueuse des droits de l'homme n'a à traiter qui que ce soit de la sorte. [...] ceux qui sont coupables méritent d'être enfermés, parce qu'on n'a pas de meilleure solution.Ca me rapelle un débat à propos de la peine de mort, où on avait dit que la peine de mort était le symptôme d'une société malade. Oui, il faut que la société juge les fautes faites par les hommes, et il faut pouvoir en tirer une conséquence. Mais il faut surtout prévenir, empêcher les fautes... Et pour cela, ca doit passer par un travail de prévention d'une part, et un travail de "réparation" adapté, et non aggravant, d'autre part...Actuellement, les prisons ne répondent pas à cet objectif. Elles ne permettent pas au condamné qui a purgé sa peine de revenir prendre une place correcte dans la société...

polikarpov 25/05/2009 08:16

A rajouter à ta liste :http://jpsueur.blog.lemonde.fr/2009/05/15/maison-darret-dorleans-des-mesures-urgentes-simposent/