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  • Citoyenne intéressée par la politique, la musique, et le dessin... entre autres.
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22 mai 2009 5 22 /05 /mai /2009 21:55
 

Gros questionnement ce soir. J'ai envie de faire plusieurs articles très différents, mais c'est celui-ci qui sortira le premier. Certainement parce que ça touche des gosses...

Je pars faire quelques courses avec ma voiture cet après-m' (ça m'arrive) et je mets France Info.
Reportage... sur une Académie de Tennis haut de gamme,

la "Mouratoglou Tennis Academy".

Kézako ?

Une école un peu particulière, où, si j'ai bien compris, on forme 15 enfants et adolescents de 6 à 17 ans pour qu'ils deviennent joueurs professionnels. Au moins 3 à 4 heures d'entraînement par jour, disait le reportage.
S'en suivait une interview du patron de cette "école", puis une autre - contradictoire- d'un entraîneur de la Fédé de Tennis.

Comment dire ? J'en suis sortie un peu... perplexe, pour ne pas dire effarée.

Les familles peuvent habiter sur place dans des chalets prévus à cet effet.
Les enfants sont suivis par toute une troupe de professionnels (bien sûr).

Et M. Mouratoglou d'expliquer fièrement qu'il faut arrêter de se demander pourquoi les russes ont de si bons résultats, alors que dans les autres pays le tennis est considéré comme un loisir (qui peut aboutir à plus si affinités).
Il considère qu'on peut détecter très tôt un enfant qui a de bonnes aptitudes, et qu'il a de meilleures chances de réussite s'il travaille sur son projet professionnel dès l'âge de 6 ans.
...
...
...
...
Dans un sens, il est évident qu'il a raison.
Si on observe avec attention un petit être humain évoluer dans des circonstances précises (une sorte d'évaluation quoi), on pourra dire s'il est doué pour ci ou pour ça, a priori.
Le fait de l'entraîner dès son plus jeune âge à haute dose ne peut que l'aider à développer ces aptitudes.
Et, du coup, oui, il a des chances de faire de la compet' de haut niveau.
...
...
...
Pourquoi alors ai-je ce truc sourd et désagréable qui me prend le bide ?
...
...
...
Parce qu'on n'est plus au temps de l'esclavage.
(le choix des esclaves, vous avez entendu parler ?)
Parce qu'on n'est pas en Russie.
(les problèmes de liberté individuelle en Russie, vous avez entendu parler ?)
(et les problèmes de santé des petits et petites russes sur-entraînés, vous avez entendu parler ?)

Parce qu'on nie l'enfant là dedans.
Parce qu'on le place sur une route qui n'est peut-être pas la sienne.
Parce qu'on n'a pas le droit de choisir pour lui ce qu'il souhaite devenir plus tard.

Je me berce d'illusions ?
Oui, il est évident que les enfants qui se mettent à faire un sport le font souvent poussés par leurs parents (combien de jeunes garçons font du foot ou de jeunes filles de la danse pour réparer, inconsciemment, un bout de l'histoire de leur père ou de leur mère ?).
Oui, il est évident que pas mal de jeunes se lancent dans telle ou telle branche professionnelle parce que leurs parents en ont décidé ainsi, ou les ont fortement influencés.

MAIS :

- Tous les parents n'imposent pas un tel rythme à leur minot.
(allez donc causer d'une telle intensité au Dr Robert, notre extrémiste orléanais anti-sport !!!).
- Les conséquences de n'importe quelle activité pratiquée à cette dose, à n'importe quel âge, sont importantes : le corps se rebelle. Le violoniste aura des soucis d'épaule. Le coureur à pied des soucis de cheville, de genou et de dos. Le tennis est un sport particulièrement violent pour le corps : les genoux trinquent en premier, les chevilles, mais pas seulement : les épaules aussi.
Que fait-on de ces minots à 30 ans, quand ils sont bousillés, alors même qu'ils ne l'ont pas choisi ?
La passion nous pousse à faire bien des choses, mais là... il ne faut pas oublier que c'est avant tout la passion des parents !
- Pour ceux qui entrent dans cette académie de leur propre chef (il doit bien y en avoir un ou deux) :
Dans quel environnement psychologique évolue l'enfant ou le jeune formaté dans cette académie ?
Perdre, apprendre à perdre, c'est important.
Ceux-là sont formatés pour gagner.
Ils sont formatés pour devenir champions de tennis.
Et leurs familles paient pour ça.
... Et s'ils pètent un plomb à l'adolescence ?
... Et s'ils n'ont tout simplement plus envie ?
... Et s'ils échouent ?
...
Autant de questions qui peuvent mener à des réponses catastrophiques.
Quelles vont être les conséquences psychologiques sur tous ces futurs pros ?

Je me demande donc encore :

Peut-on vraiment élever des jeunes comme du bétail ?
Des chevaux de course de luxe, certes. Des étalons.
Mais malgré toute la noblesse de l'animal, doit-on agir de la sorte avec un humain ?
Doit-il être considéré comme une bête à concours ?

Entendons-nous bien :
Je ne dis pas que ces enfants et ces jeunes ne sont pas traités le mieux possible.
Mais le risque de partir en vrille à plusieurs niveaux est loin d'être exclu.
Un enfant, son enfant, doit-il courir un tel risque pour sa santé, pour son équilibre psychologique, pour son avenir, tout simplement ?

Bien à vous,

Polyb.




En savoir plus :

http://www.france-info.com/spip.php?page=print&id_article=294978
  

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Published by Polyborus - dans Santé
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commentaires

Moonbloggeur 25/05/2009 08:40

L'avantage, en commençant une carrière de tennisman à cet âge là, c'est que l'on peut prendre sa retraitre à 25 ans ... ;) :(

Steph / Polyborus plancus 23/05/2009 10:01

Bien sûr, Laudes, j'aurais pu citer la Chine.Pour moi, ces façons de considérer l'enfant sont hors du temps, et hors de notre culture, qui, je l'aimerais en tout cas, devrait rester axée sur la liberté.Dans le cas de cette académie, et, bien sûr, pour ce qui est des enfants jeunes (disons qu'à partir de l'adolescence, quand le jeune est passionné et demandeur, c'est différent évidemment), pour ce qui est des plus jeunes, donc, c'est nier leur liberté et les mettre en danger. Je ne comprends même pas que cela soit légal...

Laudes 23/05/2009 08:13

Bonjour Polyb,Vous auriez pu parler de tous les futurs médaillés d'or que la Chine a embrigadé de la même façon, pour pulvériser les statistiques de "ses" Jeux olympiques.Bien sûr que le métier du père ou de la mère peut influencer sur un choix de formation, voire de carrière.Le sport pratiqué par procuration ? Oui cela existe, comme pour certaines carrières de chanteurs (Jordy, par exemple) ou dans le mannequinat. Les parents ont une lourde responsabilité et les entraîneurs et éducateurs encore plus. Surtout, s'il y a un échec scolaire ou une erreur sur les perspectives de reclassement.Cela peut finir en plus des pépins physiques, par des graves dépressions et des conduites addictives.En même temps il y a tellement de jeunes qui à 25 ans se demandent toujours ce qu'ils pourraient bien faire dans la vie !