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  • Polyborus
  • Citoyenne intéressée par la politique, la musique, et le dessin... entre autres.
Valeurs fortes :
Loyauté, confiance, honnêteté, solidarité, ... et même, services publics.
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28 septembre 2009 1 28 /09 /septembre /2009 21:45
Il était une fois un illuminé, qui se décida à jouer avec son facteur.
Bien sûr c'était au XXème siècle, celui où je suis née, celui qui m'avait appris le souci et la JOIE du travail bien fait.
De ce temps vous ne pouvez pas connaître grand chose, il est loin, loin, loin, et je ne m'y résouds point.
Mon illuminé, donc, décida de jouer avec son facteur, disais-je.
Il se mit à écrire à son voisin, son cousin, son boulanger, tous du même village et tous par ce même facteur distribués.
Mais au lieu d'écrire bravement et lisiblement le nom et l'adresse, pour que la machine réussisse à les décoder, il décida de les écrire sous énigmes, rébus, mots croisés. Messages cachés, messages codés. Et mêmes dessins coquins.
Tout ceci pour mettre au défi notre employé de la poste, qui, zélé qu'il était, et désireux de bien assumer sa tournée, mettait un point d'honneur à résoudre le tout, et à porter le courrier à qui de droit.
Le jeu, des mois et des mois, dura.
Pas une carte, pas une lettre, aux oubliettes ne tomba.
Toutes, sans exceptions, finirent - et au plus tôt - chez leur destinataire.
Toutes, même celles qui montraient un bout de derrière.
Ce facteur était-il unique, exceptionnel, particulier ?
Eh non : comme lui ils étaient des milliers.
Du temps où le timbre se payait deux francs soixante-dix, voire trois francs cinquante, et où quoi qu'il arrive dans les deux jours la missive était arrivée.
Du temps où les colis, par la poste étaient gérés, du temps où dans tous les villages, un guichet on pouvait trouver.
De ce temps révolu vous ne connaissez plus rien.
Des facteurs bien formés, il n'en reste que quelques-uns.
Des facteurs bien payés, je ne sais s'il en reste un.
Discrètement on délègue, on passe par le privé.
Discrètement on verrouille, on change les horaires, pour prouver une (soit-disant) inutilité.
Discrètement on prend sous contrat précaire, et on fragilise le tout.

Bien sûr, je dis NON à cette transformation.
C'est pourquoi je participerai à la VOTATION.
Pour mon petit facteur, et son illuminé, pour sa ferveur, et toutes les heures passées.

Bien à vous,

Polyb.

    

 

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Published by Polyborus - dans Société
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commentaires

Jean du MoDem 30/09/2009 21:04


"Ce doit être moi". Pourquoi ce doute? Écrivez "c'est moi", parce que vous avez élu des gens qui ne se sont pas très manifestés contre ces dérives:
La directive européenne (2008/6) fixe au 1 er janvier 2011 l'ouverture du marché postal. Sa transposition en droit français transformera le groupe La Poste en société anonyme SA de droit privée, au
nom de la libre et non faussée concurrence.
C'est sous le gouvernement Rocard en 1991 que La Poste et France Télécom ont perdu leur statut d'administration et sont devenues deux établissements autonomes de droit public.
Une grande majorité de politiques est gagnée à l'idée que seul le marché est l'avenir.











polikarpov 29/09/2009 08:36


Bien dit ! Mon oncle était facteur dans les Landes. C'était le seul lien avec tous les "quartiers" perdus dans la forêt. Le village où il distribuait le courrier vient de se transformer en "point"
poste...c'est à dire plus rien. Ce village ne se désertifie pas et les vieux sont un peu angoissés depuis. En effet, il faut aller à 11 kms pour traiter de tout.
Dans un pays je continue à penser que des services ne doivent pas entrer dans cette concurrence à la con. EDF/GDG qui nous assurait l'énergie, les Télécoms et la SNCF qui servaient à relier les
"hommes" et La Poste bien sûr mais aussi un seul et même service de santé pour tous. A ce moment là pourquoi ne privatiserions nous pas l'armée ? Ah c'est vrai que dans ce ""service"" on parle
d'externalisation... L'ossature d'un pays tient à ces services qui en font la trame et qui en assure la cohésion... C'est banal ce que je dis. C'est tellement évident que j'ai honte d'être amenée à
le justifier.


Circé 29/09/2009 08:06


Effectivement, belle contribution, marci Steph.