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  • Citoyenne intéressée par la politique, la musique, et le dessin... entre autres.
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Loyauté, confiance, honnêteté, solidarité, ... et même, services publics.
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6 février 2011 7 06 /02 /février /2011 18:45

Voici un texte d'Yves Bodard, travailleur social et ancien éducateur de rue, que je publie avec son autorisation.

Coup de gueule tout autant que coup de coeur, c'est écrit avec les tripes, comme l'était déjà son livre "Banlieue, de l'émeute à l'espoir" (2007).

 

bodard.jpg

 

Bonne lecture !

:-)

 

Bien à vous,

 

Polyb.

 

 

Avec eux ? 

Sans ...langue de bois.

Ces « Eux », ce sont les semeurs de zizanies, les trublions du bien-vivre ensemble, les pourfendeurs de la différence.
Il ont le goût de l'amertume dans la bouche et leur mots sont aussi aigres qu'un zeste de citron dans le biberon d'un nourrisson. Avouez qu'il y a de quoi faire la grimace.
Eux, ils ont l'habitude pourtant.
A Orléans, ils s'appellent messieurs Grouard, Montillot, Lemaignen et leur troupe fantassine prête à sonner la charge, arrêtés anti-tout au canon en guise de baïonnettes.
C'est fait, je me suis lâché et le moindre de mes propos sera maintenant épluché, analysé, scannerisé et je vous dis : Crotte !
Tout là-haut, au sommet de l'Etat, au pic de la pyramide, ce sont les Hortefeux, Besson et consorts asservis au monarque Nicolas qui dressent les plans de la prochaine bataille à mener.
Après les jeunes, ceux des quartiers de préférence. Après les sans-papiers et les "Ni Ni" que l'on diabolise, ce sont les Roms et tout ce qui ressemble à des itinérants, à des non sédentaires à qui l'on déclare la guerre.
Ex-pul-ser , rejeter, vomir ou encore dégueuler pour les âmes sensibles !

Tout ça,  c'est du pareil au même.
C'est pas digeste.
Imaginons les un instant les deux doigts enfoncés dans la gorge pour se décharger le foie, les tripes de toutes ces impuretés... d'abord les morceaux et puis la bile qui colorie d'un vert épais et puant tout ce que le

 pourfendeur "des pov cons »  recrache.
Eh bien c'est un peu ça. Une expulsion et finalement la seule pensée du spectacle de quelque nanti qui lorgne le fond de la cuvette des chiottes me réconcilie un court instant avec la magie de l'imagination.
Mais la réalité est bien moins réjouissante.

Les Orléanais, eux, ont la mémoire qui flanche, et les bords de Loire joliment aménagés, il est vrai, suffisent à provoquer l'amnésie.
En flânant le long des rives côté ville ou côté cour, c'est selon, que l'on soit citadin, courtisan ou seigneur, du fleuve majestueux s'il en est, on peut se délecter tous les deux ans du fastueux et non moins coûteux festival de Loire qui le temps d'une petite semaine amuse le curieux, en extase devant quelque spectacle inhabituel de trop nombreux bateaux venus déposer leurs amarres ici bas, par la voie des routes...
Vous avez dit navigable ?
Vous avez dit développement durable ?
Et des bateaux à roues, ce ne serait pas mieux au bout du compte ?
On finit par oublier que  le reste de l'année, ce sont les promeneurs et autres amateurs de jogging du dimanche, qui, à travers les sentiers de bord de Loire, se désolent parfois du spectacle des tristes abords de la noble rivière devenue parfois poubelle.
Quelle hypocrisie que d'offrir le côté bling bling de la Loire côté cour, alors que côté jardin, à quelques pas de là, le fleuve se désespère d'être, le temps de suspendre son cours, mis en beauté, pour le plaisir des petites gens qui s'y promènent, ou des plus paumés, des délaissés, comme Lion et Sabrina, deux SDF rendus célèbres dans les médias et qui avaient été priés de quitter le toit providentiel du fameux pont de l'Europe.
Même la Loire à Orléans ne supporte plus la misère !

La mémoire même sélective ne me fait pas oublier que c'est en bénéficiant de l'absence remarquée au second tour  de la droite de la droite que Monsieur Grouard appareillé UMP fit la conquête de la mairie d'Orléans en 2001 : On a connu des victoires plus glorieuses !
Vous avez dit extrême !
Dès 2002, avant de saler, corser, épicer, pimenter sa politique, Monsieur Grouard commença à se sucrer, et pour le coup, il n'y alla pas avec le dos de la cuillère puisqu'il "augmenta plus que considérablement" les indemnités des nouveaux élus.
Il faut bien survivre !
Les pôvres.
Cumulard, s'il en est, il gagna aussi les élections législatives et ne fréquenta guère l'assemblée nationale trop occupé à noircir à coup d'arrêtés anti-tout, la face de certains de ses concitoyens. Les moins respectables ?
Je vous en laisse juge.
Ainsi les prostituées sont invitées à déguerpir de l'autre côté du trottoir de préférence, tiens, à Saint Jean de la Ruelle, commune socialiste qui jouxte Orléans.
Les jeunes du quartier auront leur couvre-feux, les blogueurs auront leur Fansolo, farceur sacrifié sur l'autel de la liberté d'expression confisquée, et les pauvres auront leur arrêté anti-mendicité. Il ne manquerait plus qu'ils
fassent l'aumône.... et ?
Et les habitants d'Orléans et des environs seront filmés à leur insu par un impressionnant système de « vidéo protection » ainsi baptisé,  pendant que des pseudo-agents de médiation, tout vêtus de rouge puis de vert aujourd'hui, seront chargés de rapporter de l'information à l'adjoint chargé à la tranquillité. Parole d' agitateur.
Vous avez dit liberté ?
Si c'est possible ! Et Coluche ressuscité le temps d'un souvenir me plonge dans une mélancolie qui ne durera pas bien longtemps ; car le quotidien est tellement difficile à vivre et l'insupportable à supporter que j'ai l'impression que tout m'échappe.
Et si je n'y comprenais plus rien ?
Les restos du coeur distribuent encore et toujours parce que le sécuritaire à tout prix/pris, ça ne nourrit pas son homme !
Pendant ce temps-là, Sarko et ses acolytes traquent « le pov' con » et ramassent les miettes de la politique orléanaise pour en faire un gros gâteau dont seuls les nantis se rempliront la panse. C'est du pain béni, même si chez les cathos les plus conservateurs, on a dû mal à avaler l'ostie Elyséenne. C'est vrai qu'elle n'a pas bon goût, elle sent la pastille.
De Vichy, la pastille ?
Oh putain, puisque seule l'expression en terre d'Aurélianis est permise depuis que ces dames et ces messieurs ont été priés d'arpenter les trottoirs de l'autre côté de la route, j'ose le gros mot qui souvent fait défaillir.
Non, la pastille n'avait pas de goût mais la pilule était difficile à avaler.
Et pan sur le nez des vilains à coup de langue mais pas de bois, je peux aussi être en mode « vil-père ».

L'image de simplicité et d'authenticité que me renverrait un de nos politiques pourrait-il me réconcilier avec la façon d'organiser la chose publique ?
Je me pose des questions et j'interroge ceux qui sont aux affaires, au-delà même des discours, car dans leurs intentions, finalement, ils sont tous les mêmes.
Promesses, promesses.
Mais au pied du mur : les lamentations !
Pendant ce temps, Nicolas Sarkozy, le chef d'armée à défaut d'être le chef d'Etat dont le costume est bien trop grand reste en état de guerre permanent.
En stigmatisant à outrance les minorités, en diabolisant les personnes les plus vulnérables et en renforçant toujours d'avantage son discours vers une dérive sécuritaire, ce sont aux fondements mêmes de la République qu'il s'attaque.
Les piliers de la cohésion sociale sont ébranlés ; les libertés sont bafouées, l'égalité est un leurre et pour ce qui est de la fraternité, je vous en laisse à nouveau juge.
En détériorant de la sorte le tissu social, ce ciment qui fait que nous pouvions encore arriver à nous rencontrer et à échanger, la politique du petit chef nous amène aux portes d'une crise sociétale sans précédent et il est urgent de réagir car pour ce qui est d'agir, il est déjà trop tard !
Dans une lettre ouverte à Fadéla Amara que l'on peut afficher sur l'écran d'un clic sur la toile, j'avais osé avancer quelques pistes pour un véritable « plan banlieue » restées sans réponse et que je vous livre un peu plus en détail, comme  :

- le renforcement des effectifs de travailleurs sociaux et d'éducateurs de rue pour agir en amont.
- la réforme du système éducatif.
- l'accès au média pour débâillonner et dédiaboliser notre jeunesse en proposant notamment que chaque journal consacre un espace d'expression, cette page fût-elle blanche, pour valoriser et mettre en avant des projets de réussite
- la création de Maisons de la citoyenneté, qui soient des vraies maisons pour tous, lieux d'échanges, de convivialité, de brassage, de mixité et de rencontres inter-générationnelles, dans lesquelles pourraient se construire des projets sportifs, culturels, éco-citoyens....
- une loi intitulée « Partage du travail et utilité sociale » concept d'utilité sociale sur lequel se fonde tout projet de société responsable.
=> J'ai rédigé en ce sens une ébauche de projet sous forme d'un pacte d'engagement civique, de solidarité, de préservation du patrimoine, de protection de l'environnement, et d'aide à la personne dont la faisabilité serait à étudier sur le plan économique.
Chiche !
Qu'un député s'en saisisse... et me contacte. Trop frileux ou tout simplement cul gelé ?
Il y a aussi des bonnes idées à prendre dans le cerveau des couillons qui paient leurs impôts plein pot ! J'en suis.
- le soutien et le développement du secteur associatif notamment dans le domaine médico-social qui reste très éprouvé par les attaques incessantes du chef de l'Etat...

.....etc ...

Je regorge de projets et d'idées en ce sens !
Je m'oppose et je propose. Et même l'utopie dont on m'accable fut-elle raisonnée ou contenue, est un formidable tremplin pour dépasser les immobilismes. Et moi, ça m'aide à vivre et à supporter l'insupportable qui au quotidien s'invite au coin du bois pour les tapineuses ou au coin de la rue pour ceux qui tendent la main.

Nicolas Sarkozy est en état de guerre perpétuel et face au champ de bataille qu'il nous laisse, nous devons proposer un projet de lutte, ce qui est beaucoup plus noble et pacifié... pour réduire les exclusions, les inégalités et les stigmatisations.
 

Tout comme je me suis rendu disponible pour réfléchir, en dehors de tout encartage ou appareillage, au sein d'une instance de réflexion d'une grande famille de gauche sur le système éducatif, je souhaiterais, à travers un certaine nombre d'idées que j'ose avancer comme des pions sur l'échiquier avec réflexion, intuition et à visage découvert, participer à la construction d'un argumentaire de terrain dénonçant les limites du tout sécuritaire.
Pour apporter la contradiction à ces faiseurs d'embrouille qui dirigent un troupeau de moutons humains, mais aussi pour nourrir l'espoir de lendemains chanteurs, il faut une vraie volonté de rassembler et bien au delà de la marge !
Convaincre et rassembler, pas seulement dans le camps des résistants, pour proposer un projet qui fédère, et redonne de l'espoir aux français (et aux Aliens) et dans lequel les conditions de remaillage du lien social en constitueront le socle : ça me plaît !
Il faut bien une base pour que l'édifice prenne ancrage.

A Orléans aussi, l'état de guerre est décrété. Et à la tête des troupes, Florent Montillot, chantre de la tolérance zéro chère à Alain Bauer, fait de la pénalisation de la misère son leitmotiv. Il déclare la guerre aux pauvres, mais pas à la pauvreté.
Il confond maintien de l'ordre et tranquillité publique. Avec lui tout est un gros malentendu.
En effet voilà un homme aux affaires publiques qui dans le privé aurait été expert consultant dans une entreprise de conseil en matière de sécurité.
C'est ce qu'on avait dit en tout cas à l'époque et à Orléans la rumeur comme la vérité est tenace.
Dans cette logique d'affrontement, de défiance, les étrangers, les mineurs et les fauteurs de trouble à l'ordre publique sont les cibles, les ennemis ; et les cumulards n'ont qu'à bien se tenir.
Longtemps terrain d'expérimentation du social, la ville d'Orléans est devenue le laboratoire du tout sécuritaire.
En changeant d'hommes, on a changé de politique et il n'y a que le tram, pieuvre de ferraille, que monsieur Grouard ne voulait pas avant d'être maire, qui continue à étendre ces tentacules sur l'agglomération Orléanaise. Il faut bien laisser son empreinte.
Sacré Monsieur Serge !
La stratégie est simple, il faut expérimenter en province ce que l'on rêve pour la France et c'est ainsi qu'au nom de la sacro-sainte paix sociale, on finit par pénaliser la misère humaine et stigmatiser les différences.
Le  ministre de l'intérieur qui rêvait de l'Elysée avait osé « le Kärcher ».
Qu'à cela ne tienne, à Orléans, l'opposition incarnée par Hélène Mouchard-Zay avait dénoncé la politique hygiéniste.
Tout ça, c'est du pareil au même.
Evacuer, tirer la chasse, car à Orléans désodoriser le caca ne suffit plus, il faut se débarrasser du crottin et le mieux c'est de chasser les emmerdeurs ou les constiper !
Qu'ils aillent ailleurs déposer leurs excréments !
Moi qui pensait qu'il s'agissait d'un problème éducatif que d'apprendre aux amateurs de la selle où déposer leur offrande, et que prévenir c'était guérir un peu, je m'aperçois que pour nos décideurs, la prévention c'est : « Casse-toi tu pues où je t'évacue ! »

Quels constipés (en un seul mot) !

 
Le délinquant, lui est un « cancer » qu'il faut traiter. Mais le personnel soignant est composé essentiellement par des agents de répression et notamment une police municipale zélée et tout acquise à la cause de son patron ! Je ne savais pas que pour soigner les maux de tête, rien de tel qu'un bon coup de
matraque sur le caberlot. Vous avez dit migraine ?
Imaginez des croque-morts chargés de soigner des gens malades.
Vous y croyez, vous ?
Alors qu'à trente millions le kilomètre de voie de tram, on investit dans le transport, les jeunes et ceux des quartiers en priorité sont priés de rester confinés sur leur territoire. De leur invisibilité dépend une victoire
électorale.
Depuis 2002, la présence nocturne des plus jeunes est interdite dans certains quartiers, la vente d'alcool interdite dans la ville après 23 heures et les épiceries « exotiques » s'il en était, contraintes de fermer à 1 heure du mat' :
Pas d'Ali-mentation.
Entre interdiction, répression, punition, couvre-feux, tout le jargon guerrier est vomi de la bouche de ceux qui décident pour nous et tout l'arsenal répressif est patiemment maillé pour que le contrôle social ne soit plus une promesse mais une réalité si insidieuse que lorsque le bobo se régale du festival de Loire cher à l'édile orléanais, il ne se rend même plus compte qu'il est devenu un pantin désarticulé.

Et moi ?
Je vais au festival de Loire !

Leurs argumentaires, je connais !
Comment ignorer des propos si largement répandus dans les médias qu'ils en deviennent des écrans de fumée dont tout « sa-peur » n'est plus dupe.
Charles Pellégrini, ancien chef de l'office central de répression du banditisme, en est la caricature la plus criante et il gère aujourd'hui une société internationale d'analyse de risque.
Le marché de la sécurité est juteux et peut rapporter gros et pas seulement électoralement.
A qui rapporte le malaise des banlieues ?
Incivilités, vols, émeutes, insécurité permanente, diabolisation des jeunes de quartier, islamistes de préférence, voici les mots-clefs du lexique du petit « Pellegrini » illustré ; Larousse n'a qu'à bien se tenir.
C'est ainsi que l'on blanchit le tableau noir.
Les cibles toutes désignées sont les jeunes de banlieues, mais aussi les apparentés, comme les travailleurs sociaux, les éducateurs de rue que le politique aimerait transformer en auxiliaires de justice. Mais il y encore un peu d'éthique chez ces gens-là, Môssieur!
J'en fais partie et même si mon combat contre les inégalités semble bien déséquilibré, on aura beau, chez mes contradicteurs (car je n'ai pas d'ennemis, hein Serge), me taxer « d'angélisme », je n'ignore pas la violence de la rue, les dérapages de certains. Mais je n'accepterai jamais que le comportement de quelques-uns, si condamnable soit-il, puisse porter le discrédit sur tous ces autres qui se lèvent, et de bonne heure, le matin, Monsieur le Président.
La stigmatisation trépassera là où le rapport à la loi s'appliquera. Il est inutile de rajouter de l'essence sur le brasier du sécuritaire. On n'éteint pas un feu en soufflant sur les braises !
Savez-vous que l'éducateur de rue est sur le plan du réel parfois le dernier garant et représentant de la loi « symbolique » ? Il est porteur de loi avec ses mots et avec ses actes. Sa légitimité, il la tire de son intégrité. Car les éducateurs-magouilleurs,  il y en a aussi, ne durent jamais bien longtemps sur les quartiers !
L'éducateur de rue est souvent dans les lieux de relégation un des derniers fantassins de la République avec toutes les valeurs de fraternité et de respect qui l'accompagnent.
Avec des mots et sans matraque, avec une éthique et une démarche qui consistent à aller à la rencontre des plus démunis, rejetés, laissés sur le bord du chemin, il tisse patiemment des liens, il consolide des bouts de relation, il défait les noeuds et il remet des parcours cabossés dans le sens de la vie.
Personne ne naît mauvais, on le devient ! Voilà mon leitmotiv et le moteur de ma motivation.
Je suis un emmerdeur, un poil à gratter mais quand on a le coeur aussi gros que ses convictions, on a l'espoir que même ceux à qui on donne de l'urticaire finiront toujours  par  vous pardonner votre témérité.
Sortir du troupeau n'est pas un acte de courage. Car le vrai courage, c'est d'y rester !
Alors : Bon courage !
Je combats les idées des hommes, pas les hommes, car nous sommes tous pareils au fond. Et quand un élu se déleste d'un gaz, il est comme moi : en public, il serre les fesses pour éviter le bruit du pet.
C'est un signe de respect, paraît-il, mais pour l'odeur...
Il n' y a peut-être que le chef d' Etat qui se laisserait aller, comme ça, juste pour faire du vacarme ! Quel joueur.

Pour ceux qui ont labellisé la dérive du tout sécuritaire, tout est fléau.
La jeunesse qui se désespère est un fléau, la violence scolaire est un fléau, le mal être des banlieues est un fléau et pour les puristes et les adeptes de Pellégrini, le fléau premier c'est Mai 68 !
Il faut remettre de l'ordre... mais où est le désordre ?
Remettre de l'ordre, c'est agir sur les conséquences. Alors que je pensais que c'était les causes qui faisaient désordre. Décidément tout nous sépare, alors je remonte ma garde.
Et pan sur le nez du coquin !
A l'époque, on avait diabolisé le feu RMI que certains avaient baptisé le revenu minimum d'inaction et là, je vois sourire hypocritement quelques-uns d'entre vous. Alors, je vous renvoie avec délicatesse que je voudrais bien vous imaginer vous projeter dans la vie avec 460 euros par mois ! Le débat est clos !
Aujourd'hui, on menace de supprimer les prestations sociales, stigmatisant les mauvaises familles. Comme si supprimer des allocations allaient permettre à des familles en souffrance, en échec, en perdition parfois, de retrouver comme par magie le bon mode d'emploi dans la relation à leurs enfants.
Alors, autant ne pas verser d'aide puisque aider pervertit !
Dans une société du tout-fric, du tout-marchand, la réponse aux carences éducatives sera d'être sanctionnée sur l'autel du financier. Quel comble !
A Orléans, on n'est pas en reste puisque dès son investiture à la mairie et dans la république du centre, le quotidien local, du 2 juin 2001 monsieur Grouard avait annoncé que « les familles difficiles n'ont pas leur place à Orléans ». De qui parlait-il ?
D'un seul coup, j'ai peur pour les miens. Et si je devais m'exiler comme Antoine Bardet alias Fansolo, mon ami à défaut d'être celui de Serge ? Tapez Fansolo sur Google et la toile vous déroulera son tapis.

La mairie d'Orléans avait aussi mis en place  un dispositif expérimental, « un comité d'admonestation »  qui se transformera en comité de responsabilité parentale, avec en perspective la possibilité pour le premier magistrat de la ville, en saisissant le Président du Conseil Général, de faire suspendre les allocations familiales.
Là, on applaudit des deux mains et il n'y a que les manchots qui  se tapent sur le ventre ; et le borgne, Jean-Marie, se marre !
Inutile d'en rajouter. A quoi bon.
Moi, je continue à m'égosiller parce que je crois encore à une autre façon d'organiser les relations entre les uns et les autres, je continue à crier ma colère et hurler mon indignation devant tout ce gâchis humain. Et je rêve parfois que l'écho de mes mots qui se meurent dans le long silence de l'indifférence finira par toucher le coeur et le consciences de ceux que je contrarie autant que je contredis.

Yves Bodard

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Published by Polyborus - dans Société
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commentaires

bodard 12/02/2011 18:57



Monsieur Minijack,


je ne suis qu'un modeste témoin attentionné et ému de l'histoire locale  qui a fait du rejet de l'autre et de la différence ses maître-mots.


Les arrêtés anti-tout(prostitué,mendicité,caravennnig,couvre-feuxetc..)Existent-ils?OUI


Les blousons rouge puis verts sont-ils des pseudos agents de médiations qui rapportent de l'information à Monsieur Montillot?OUI


Le reportage de canal + de Mai 2006 qui en faisait la démonstration a-t'il été déprogrammé?la réponse est encore Oui


La ville d'Orléans est elle devenu le laboratoire du tout-sécuritaire du Sarkosisme?Nous avons encore eu la réponse la semaine passsée.


Les chiffres de la baisse de la délinquance que l'on agite sous le nez sont ils contestables et du seul fait de la réponse sécuritaire?La réponse est encore OUI(pour les chiffres et NON (pour le
sécuritaire)et je vais en faire la démonstration à travers deux exemples.


En 1990,les vols de scooter étaient une pratique si courantes à Orléans et m'interpellaient dans ma pratique éducative que j'en ai produit un écrit pour essayer de montrer que non seulement avoir
,posséder un scooter était un signe d'appartenance à un statut social et permettait aux jeunes" de pouvoir se déplacer et "sortir" du quartier;en quelque sorte d'être dans du lien social.Le
voleur de scooter était donc un délinquant qu'il fallait punir d'autant plus que le vol pouvait parfois s'accompagner de violence.


20 ans plus tard,le phénomène a disparu non pas du fait des fruits de la politique répressive ou sécuritaire de monsieur Montillot mais tout simplement parce que posséder un scooter ne correpond
plus à une quelconque reconnaissance sociale et qu'en construisant une première ligne" de tram",on a permis une fluidité entre Orléans et le quartier de La Source par exemple répondant à la
nécessité pour de jeunes orléanais car La Source c'est Orléans de sortir du quartier et d'aller au coeur de ville.La délinquance avait donc disparu à 100°/°.C'est magique  Monsieur Montillot
mais dans le même temps,les fraudes dans les transports ont augmenté de façon exponantielle mais voyager sans titre de transport,même si c'est illégal ce n'est pas un chiffre de la délinquance
sinon la délinquance et ses chiffres seraient en hausse. Pour autant,il y a un sentiment d'insécurité pour reprendre les mots de ceux qui voyagent en transport en commun.Vous avez dit
interprétation?La solution? La gratuité des transports pour les jeunes orléanis qui veulent se rendre à Orléans.


 


 


Deuxième démonstration portera sur la consommation et la vente de Cannabis qui au regard de la loi reste un délit donc un acte délinquant punissable.Lorsque j'étais éduc de rue,entre 1988 et
1996,la vente et la consommation de cannabis se déroulaient dans la discrétion et dans la sphère privée.Aujourd'hui,partout à Orléans et pas seulement sur les quartiers,la consommation et la
vente de cannabis,souvent à "la sauvette" a envahi l'espace public créant pour le coup un vrai sentiment d'insécurité.promenez-vous en ville et au coin de la rue,on vous proposera une boulette de
shitt.


Le débat que je pose ce n'est pas la dépénalisation ou non du cannabis.Je ne consomme pas et en tant qu'éduc,le rapport à loi reste malgré tout une façon de se positionner et chaque consommateur
d'héro a d'abord commencer par un joint et je connais la réponse que chaque fumeur de joint ne tombe pas dans le produit lourd..La vente de cannabis se déroule t'elle dans l'espace public:OUI
 et la loi républicaine doit elle passer ou s'en accomoder?Elle fait le choix de s'en accomoder et heureusement car si l'acte de vendre du cannabis était un acte délinquant et retenu comme
tel par ceux-là même qui nous agitent des chiffres et des courbes sous le nez,on assisterait à une mutiplication au carré du carré du carré du chiffre de cette délinquance.Si demain Messieur
Montillot à Orléans et Hortefeux sur le plan national décident comme ils savent le dire à engager   une lutte sans merci,sur chaque centimètrte du territoire de la république aux vendeurs de
Cannabis les désignant comme délinquant.....vous voyez le truc. Alors Florian,un petit arrêté anti-joint?Chiche!!!


Pour ma part,tous les chiffres et les courbes que l'on continuera à exhiber restent une photographie à un moment donné et la caution d'une politique électoraliste car moi ce qui m'intéresse c'est
qu'un élu arrive à me chiffrer la désespérance humaine, l'accroisemnt des inégalités,la déliquescence du lien social,la perte de confiance entre ceux qui dirigent et ceux qui vivent le
quotidien,le vrai!


Tu peux me les donner les chiffres,Jacky?


Moi j'ai d'autres chiffres:un sans-abri meurt chaque jour dans l'indifférence,la loi DALO,j'ai bien dit la loi républicaine du droit au logement opposable est inopérante car il manque de logement
social....Quel est le taux de chomage de notre jeunesse dont certains sont tellement déqualifiés,cassé,déstructurés qu'ils ne sont inscrit nulle part?


Peux tu me donner le chiffres de travailleurs sociaux et d'éduc de rue dont le nombre a diminué en proportion à l'augmentation des caméras de vidéo-surveillance?


Tes amis car tu te tragues d'être l'ami de Sege Grouard non seulement cautionne la politique de Sarko mais il l'inspire en matière de répression.


Le chantier et vaste et sache que si je peux alimenter le débat,être le garde-fou y compris de la gauche locale ,je ne prétends à rien si ce n'est de pouvoir avoir les moyens de continuer à
exercer mon noble métier.Il parait que la gauche respectable locale dit de moi que je suis incontrôlable et la droite me trouve insupportable,alors je reste un électron libre qui va continuer à
s'offusquer d'abord et puis à m'indigner quand je deviendrai un vieux Monsieur aussi repectable que Stéphane Hessel.


Comme je ne suis pas rancunier,j'ai donné un petit coup de main pour aider bénévolement le parti socialiste à réfléchir à Solférino sur le devenir de l'école:"Collège de tous,Réussite pour
chacun" du laboratoires des idées en ligne sur la toile.Tu vois que je suis pas aussi sectaire que ça!


Quand un vrai débat contradictoire sur Orléans sur le thème"prévention et rapport à la loi que je préfère à sécuritaire"


??????Quand?


Je pense avoir asséner des petire vérités qui dérangent autant que de gros mensonges qui leurrent.Tu t'enrichis même de moi mon minijakounet et je te remercie de m'avoir lu et commenté.


sincèrement  et presque affectueusement


Yves Bodard



minijack 12/02/2011 16:49



Quel coeur énorme a ce Yves !


Bien entendu, on ne peut qu'être d'accord avec lui pour l'aider à lutter contre les injustices de la vie et de la société. Mais sa prédisposition naturelle à la révolte permanente l'aveugle. Ses
solutions ne sont pas nécessairement les bonnes, même si parmi elles il peut s'en trouver de très pertinentes ponctuellement.


Ce bouillonnement intérieur, cette intransigeance exacerbée et le talent qu'il déploie à en faire état sur les antennes comme dans ses écrits, le conduisent à porter des jugements à
l'emporte-pièce. Mélangeant allègrement et sans la moindre nuance politiques nationale et locale, c'est à la fois ce qui le rend sympathique aux yeux des gens de Gauche pour qui il est un
incroyable vecteur, et ce qui paradoxalement l'éloigne de toute possibilité d'être pris au sérieux par un quelconque responsable politique.


Je prends les paris (bien que la chose ait peu de chances de se produire) que si la Gauche revenait aux commandes d'Orléans, elle se garderait bien de lui confier les affaires sociales, tant son
absolutisme ferait peur ! Et c'est dommage, car il soulève effectivement de vraies questions.


Calme toi, Yves. Souviens-toi de Saint-Just...



Astringues 07/02/2011 02:21



Je ne peux que plussoir... bien entendu !


Mes amitiés à Yves et à Polyb



jean paul morat 06/02/2011 23:40



Je veux être le premier à redire à Yves à quel point je l'aime pour son coeur immense, ses indignations et finalement sa jeunesse.....


Viens avec moi Yves sur le radeau de ceux qui continuent d'en prendre plein la gueule mais qui auront de toute façon payé très cher le droit d'être libres .....de n'en avoir plus rien à
foutre.....et de continuer à crier quand même.....


                        Je t'embrasse Yves et je remercie Steph ( que j'embrasse aussi) de t'avoir donné asile.....