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  • Polyborus
  • Citoyenne intéressée par la politique, la musique, et le dessin... entre autres.
Valeurs fortes :
Loyauté, confiance, honnêteté, solidarité, ... et même, services publics.
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2 janvier 2015 5 02 /01 /janvier /2015 01:15

 

.     A bien y réfléchir, j'ai dû passer l'essentiel de ces 40 dernières années à la poursuite, avide, de l'amour des autres.

Avide, donc disproportionnée. Hors normes. Hors cadre. Et donc, dérangeante. Culpabilisante. 

Comme si les traumatismes vécus par mes parents, et par mon père plus particulièrement, avaient franchi les barrières du temps, de la folie, de l'exil, de la guerre, pour venir se greffer en moi - pourtant différente - et m'avaient condamnée à chercher, moi aussi, la reconnaissance du père et la tendresse de la mère. En permanence, et avec tout le monde. Condamnée moi aussi à tenter d'échapper à la fureur paternelle en rendant mes parents - et les autres - fiers de moi.

 

Condamnée, donc, à donner, donner, sans relâche : aimez-moi !

Pourtant, comme si l'état de manque d'amour permanent de mon père pendant son enfance avait traversé les années, je me persuadais, moi, du caractère inévitable de ce non amour, quoi qu'on fasse pour l'obtenir.

 

Ma mère, toutefois, ne cadre pas tout à fait avec les deux histoires conjuguées. Bien qu'angoissée et donc sévère à l'encontre de ses filles, non seulement il ne fait aucun doute qu'elle nous ait aimées profondément, mais j'ai toujours vu en elle une grande humanité. Preuve irréfutable de son humanité : sa non violence. Le contraste avec la violence incontrôlée de mon père faisait de ma mère une sainte à mes yeux.

Enfant, je ne cherchais donc pas la tendresse de ma mère, mais plutôt - maladroitement ! - un moyen de la faire moins souffrir : j'ai toujours senti chez elle une grande souffrance. Souffrance qui me laissait perplexe, et que je me croyais en devoir d'atténuer. Ne maîtrisant rien de l'existence passée de ma mère, j'ai donc - un peu trop facilement, certainement - trouvé le coupable idéal : celui qui, moi, me faisait souffrir physiquement et moralement, alors même qu'il m'adorait, et que je le savais : mon père. Et je me suis donc mise à le haïr. Le haïr parce qu'il était responsable de la souffrance de ma mère, et donc, par ricochet, de notre souffrance à tous. Evidemment, j'avais tort.

En grandissant, j'ai à maintes reprises lu la suspicion dans le regard de ma mère, et le mépris dans le regard de mon père, lorsqu'ils se tournaient vers moi. Je pense aujourd'hui que je ne méritais ni l'un (plus réglo, tu meurs !) ni l'autre ( ! ). Mais à l'époque, je ne comprenais juste pas. Je cherchais alors un moyen de leur montrer qu'ils se trompaient en PENSANT très fort à la vérité. Je me disais que, peut-être, à force, ils finiraient par entendre mes pensées et donc me croire... Enfin, délivrance ultime, ils finiraient par ME FAIRE CONFIANCE.

Je me suis donc très tôt interdit l'usage de pensées débridées, au sens premier du terme. Au cas où, à force, on finirait par les entendre.

Je me suis auto-censurée, plaçant la vérité au-dessus de tout : hors de question de FORMULER une pensée interdite, avec DES MOTS silencieux, juste pour moi, dans ma tête. Et en plaçant la vérité au-dessus de tout, j'ai adapté mes attitudes : sourire quand on est vraiment heureuse, mais ne cacher ni sa haine, ni sa colère, ni ses inimitiés. Les autres pensent ce qu'ils veulent, et montrent presque uniquement la politesse. Moi, je pense poliment (...), version censurée, et je dis presque tout ce que je pense... Ou l'art de lâcher des bombes thermo-nucléaires (verbales). 

Seule lueur d'espoir : l'expérience, et les rencontres, qui m'ont amenée et m'amènent encore à essayer de changer.

 

Bien à vous,

 

Polyb.

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