Ca y est, le temps de chien s'installe. Accidents sur la tangentielle, gentils couillons qui mettent leurs feux anti-brouillard sous la pluie, pour qu'on les voit bien... ça, on les voit... ils nous éblouissent bien aussi. :-)
Les hérissons cherchent des coins où on ne ramasse pas les feuilles mortes, pour s'y planquer et hiberner, les piafs repèrent les jardins où les humains installent des mangeoires, où le pommier Everest est bien rempli...
La classe moyenne retourne à la maison, le thermostat d'ambiance est bien réglé, ça chauffe depuis 1/2 heure déjà, il fait bon dans la maison.
Dans le même temps, dans la rue, c'est le début de la galère. Pieds trempés, parkings fermés (si, si, je vous jure !), résidences protégées... et on n'a même pas de métro à Orléans...
Il va rester le 115 pour une suite royale mais très hypothétique de 8m², pour trois, ou quatre, ou cinq personnes... le service Médecine Gé à l'hôpital, ou... ou quoi ? La voiture ? Dans le meilleur des cas, la camionnette. Et puis les "plans" : une "copine", un "copain", qui peut accueillir le petit dernier dans son appart. Parce qu'en Médecine Gé, on prend les imbibés, les malades, les qui vivent dehors depuis longtemps... mais pas les enfants. Il va falloir faire la queue pour la bouffe, se présenter à l'heure pour le lit de camp, quant à la douche... on verra. Les devoirs ? Ben, une fois qu'on sera au sec ! Donc après 20h. Mais comme on ira manger ensuite, le temps de s'installer sur un bout du lit, de sortir la poésie, la lecture... La fatigue plombe. Papa voulait qu'on continue à marcher, pour ne pas avoir trop froid. Et maintenant, c'est dur... La grande s'endort sur son cahier de leçons, maman la glisse à côté d'elle dans le lit de 90... Elle est bien cette chambre. Ce n'est pas nickel, mais au moins, il y a de bonnes couettes. On a chaud. Même quand le chauffage s'éteint tout seul, entre minuit et 6h. Et puis il n'y a pas de cafard ici. Pas comme dans l'hôtel truc. Il y en avait plein sous le matelas. Et puis les fenêtres étaient toutes moisies, et le vent passait sur les côtés. On ne va pas se plaindre, Dédé, hein ? Quand la puce était petite, on n'avait même pas de chambre du tout, on dormait dans la 305. Pourtant, on avait déjà de quoi payer. On travaille tous les deux. Mais 1400 euros à deux, ça ne leur suffit pas. Et puis le logement social, ça fait longtemps qu'on attend. Ils ont dit hier qu'ils ne nous oubliaient pas. Mais il y a encore du monde devant nous. Il y a pire que nous, bien sûr. On a beaucoup de chance, et on le sait bien.
Tu imagines ceux qui, en plus, doivent se lever à 3h pour être le plus tôt possible à la pref ?
Et ceux qui sont au chaud ou au froid, mais qui ne dorment que d'un oeil, parce qu'après toute une vie passée ici, les impôts payés, les démarches effectuées... interdiction de rester.
Notre histoire à nous est très banale.
Parce qu'il y a beaucoup, beaucoup de gens en galère, là, dehors.
Parce que nous ne devons pas oublier la devise de ce pays : Liberté, Egalité, FRATERNITÉ...
1/ Vous possédez un logement à louer ?
Louez-le à une asso d'entraide.
Ils vous paieront peut-être un chouilla moins cher, mais rubis sur l'ongle, assureront l'entretien, et y logeront des gens qui en ont grand besoin.
2/ Militez pour le retour des toilettes publics gratuits, des douches publiques à bas prix.
3/ Ne balancez pas vos draps et vos couvertures usagés, portez-les au secours pop ou au secours catholique, ou n'importe où si cela peut servir encore.
4/ Militez pour que les logements vides de votre commune soient accordés à la location pour des familles qui en ont besoin, à un tarif réellement adapté à leur situation.
5/ Ouvrez l'oeil...
Vous constaterez que, tout près, des gens sont en galère, et ne le portent pas forcément sur eux...
6/ Et si vous faites partie des édiles... Repensez votre commune.
Il y a beaucoup à faire avec presque rien, sans forcément jouer l'assistanat.