Il y a des moments où on aurait envie de tout laisser tomber.
Où on comprendrait presque ceux qui l'ont déjà fait.
Parce qu'au fond, quel pouvoir on a, chacun dans notre coin ?
C'est ce que j'ai ressenti très très fort aujourd'hui.
Après plusieurs jours en vrac, malade, fiévreuse, mal partout, entretenue par les médocs, incapable de manger...
Je demande à un proche enseignant des nouvelles du rassemblement de cet après-midi sur le parvis de la cathédrale, pour défendre l'école publique.
Selon moi, tout le monde doit y aller : les enseignants, les étudiants, les lycéens, les parents...
ça peut faire du monde !
Réponse : "Ah mais c'est vrai ça ! Ben... je sais pas. Je n'en ai pas entendu parler."
...
Comme tous en ce moment, cet enseignant court partout. Préparatifs plusieurs soirs par semaine pour tel ou tel spectacle, au boulot, ou pour une asso. En gros, il représente ce que j'appelle les braves, au sens d'altruistes, serviables. Toujours prêt à rendre service et à s'investir pour les autres.
Dans le reste de la société, beaucoup de gens sont à son image : ils courent, un peu partout, pour vaquer à leurs occupations de toutes sortes, qu'ils soient parents de jeunes enfants ou de moins jeunes, qu'ils soient citoyens intéressés par la culture, engagés dans des associations, en recherche de développement personnel, que sais-je...
Bref, on court tous, n'est-ce pas ?
...
J'ai mal pris la réponse que m'a donné l'enseignant en question.
Pas contre lui. Pas contre ses collègues.
Je suis juste... désespérée.
Désespérée parce que, à bien y réfléchir, c'est aux syndicats et aux fédérations de mobiliser les gens.
C'est donc à eux de faire venir l'information jusqu'à vous, citoyens.
Je me suis promenée sur internet : quelle galère pour avoir une bribe d'info sur ce rassemblement !
Je n'ai vu aucun affichage dans les rues ou près des établissements scolaires.
En bref : quelques initiés savaient. Et les autres ???
Eh bien, si on émet l'hypothèse que sur les quelques initiés, seuls quelques uns, encore moins nombreux donc, ont pu se libérer pour se rendre à ce rassemblement... ça donne... ? Un bide total.
Je ne sais pas si rassemblement il y a eu.
Je sais juste que, partie aussi vite que j'ai pu de chez moi, après avoir lutté pour me lever, alors que je dormais, je suis arrivée en retard à la cathédrale. De 15 min. Personne.
Personne. Personne. Personne.
Combien étaient-ils à l'heure dite ? Ca m'intéresserait de le savoir, si l'un des lecteurs a l'info... je prends.
Si ça se trouve ils étaient 4 et sont allés prendre un thé ou un café à Autour de la Terre. C'est tout le bien que je leur souhaite !!
Moralité :
Ce midi je disais : tout le monde s'en fout.
Ce soir je dis : non, tout le monde ne s'en fout pas, sûrement, mais... où sont les mobilisateurs ?
Le pire, c'est que j'en connais certains, mais qui habitent loin, et qui ont dû remuer le cocotier du côté de chez eux.
Mais la majorité d'entre eux bouge-t-elle ?
Et surtout, COMMENT bouge-t-elle ?
COMMENT les forces d'opposition de ce pays bougent-elles
face au rouleau compresseur qui nous roule dessus ?
La France entière n'est pas à l'image d'Orléans.
Selon France Info, au moins 60 villes ont bougé aujourd'hui. 60.
Et le gouvernement, pourtant, reste droit dans ses bottes.
Ne serait-il pas temps qu'on se pose la question de la communication des infos ?
Dire qu'on résiste, et qu'on fait un rassemblement, c'est très bien.
Communiquer pour qu'il y vienne le maximum de monde, c'est mieux.
Parce que si on part perdant, on n'est pas près de la gagner, la bataille...
Je sais, je l'ai déjà mise, cette chanson... Mais c'est celle que je trouve la plus adaptée... :-p