Un mot, pour résumer : démocratie.
Ce soir le mur de la maison des voisins est rose. Un drôle de rose, de ceux qu'on ne voit pas souvent, ceux du soir de printemps pluvieux, quand le soleil perce, ceux où on sent qu'il fait doux mais pas forcément bon d'être dehors.
C'est la folie douce ici.
Du temps pour rien, je brasse, je brasse, mais ça va. Je ne culpabilise pas trop, c'est rare.
Disons que je fais ce que je peux.
Je n'oublie ni Antoine, ni Caleb. J'ai envoyé un mail à Serge, il m'a répondu. J'organise la fin du mois comme je peux. Demain, ne pas oublier de préparer la fête des pères. Je ne sais pas encore comment. Je ne suis pas très accro à ces choses-là, mais j'ai bien vu que pour certains parents, ça compte.
Encore une journée dingue qui se prépare. Je n'ai pas le temps d'aller mal, je n'ai pas le temps de penser trop. Ou bien c'est très ciblé, tellement que je ne peux pas écrire.
De temps en temps, je me connecte sur mon administration, et je clique sur "Ecrire un article".
D'abord, c'est pas un article, c'est un billet, une note. C'est Mourad qui l'a dit. Mais bon, Mourad il utilise Type pad, il ne sait pas que c'est le langage des plateformes qui déforme le nôtre.
Bref, souvent, je clique. J'arrive sur la page blanche. J'ai des tas, des tas, des tas de trucs à dire.
Je commence une phrase.
Et puis je ferme.
Pas envie.
Pas envie de passer ma soirée à écrire, ni mes coups de gueule, ni ce que j'ai au fond du coeur.
Nathalie divorce, Olivier va un peu mieux, mais sans plus. Demain, encore, une réunion difficile. J'espère que ça se passera correctement, j'ai envie de parler d'autre chose une fois sur le fauteuil du psy.
La semaine dernière, j'ai l'impression que nous avons trouvé une brèche. J'aimerais bien la creuser un peu. Comme ma dentiste (Extraordinaire dentiste ! Si vous ne savez pas qui aller voir sur Orléans, je vous la conseille.) avec les soins canalaires. On creuse pour trouver l'inflammation, celle qui fait mal, oh ! Pas trop, juste assez pour qu'on ne l'oublie pas. Ensuite, quand on la soigne, ça prend du temps. On rentre chez soi, et bizarrement, on peut avoir des moments d'absence totale de douleur, comme d'autres où on ne sait plus où se mettre... Mais on finit par y arriver.
Julien ne va pas très bien, mais je ne vois pas comment il pourrait aller bien, vu la situation. J'aimerais juste qu'il arrive à prendre du recul, qu'il soit moins... à fleur de peau ? C'est à peine assez clair. Il me fait penser à un brûlé vif.
Je n'ai pas de nouvelles de Jean-Luc. J'ai bien envie d'aller au festival de jazz avec lui. Au moins un concert ou deux ! Ca fait tellement de bien.
Ah, et puis il y a Jean-Marc ! Je n'ai pas trouvé son site. Il est peut-être en construction. Mais il est formidable, ce gars. Ses sculptures me parlent vraiment. Je suis vraiment très contente d'avoir osé lui demander de visiter son antre. J'adore ce qu'il fait. J'aimerais bien qu'il habite plus près, il pourrait m'apprendre. Il faudrait que je vois s'il connaît Alexandre, il pourrait exposer chez lui, ça serait idéal. Et puis il faut que je lui présente Serge, ils sont aussi fous l'un que l'autre. Aussi fous que moi. Entre toqués, on se comprend. :-)
Dans tout ça, il y a encore plein d'autres choses. Et puis il y a mes enfants. Mon homme. Ma famille. Celle toute proche, celle qui l'est moins. Celle qui a un peu du même sang, et celle que je me suis fabriquée. Ils ont l'air d'aller pas trop mal.
C'est bien.
Oui, l'autre jour, on a trouvé une brèche.
J'espère qu'on va pouvoir la travailler.
Je sens qu'on touche un point important.
Comme je disais ce soir chez moi : le tout est que je réussisse à mettre mes illusions de côté.
Et de fait, tout devient possible à nouveau. Parce que cela devient moins douloureux. Travailler l'humain avant tout, et le reste... ne pas chercher à croire en autre chose que mes petits et grands humains.
Il faut que j'envoie un mail à Anne. J'aimerais bien qu'on se fasse un truc sympa à la maison. Avec Sylvie, Dominique, Ariel, ou séparément. Et puis il y a plein de gens à remercier encore. Céline, les parents, ... Cette année, ce que j'aimerais ? N'oublier personne.
Pendant les vacances, il faudrait aussi que j'appelle Elisabeth et Paule. D'abord pour se voir. Et puis ensuite, si on veut, pour démarrer le projet bouquin. Depuis quand je n'ai pas dessiné ?
Bien à vous,
Polyb.