Un mot, pour résumer : démocratie.
Comme souvent, je me suis attachée.
D'une simple connaissance, elle est devenue celle qui, il y a longtemps maintenant, a accueilli ma fille au moment où elle en avait le plus besoin. Sans manières, très simplement, elle l'a acceptée dans son groupe, malgré le sur-effectif, et elle lui a apporté l'attention qu'il fallait.
De ce geste si important à mes yeux, il est resté une reconnaissance éternelle, confortée par une tendresse grandissante, alors même que tout le monde me disait qu'elle était timide, pas facile.
J'ai tout bonnement appris à la connaître, et donc à l'apprécier, à juste titre.
Toujours un mot pour ma puce, à la fin de ses mails, à la fin de ses coups de fil.
Et une honnêteté sans faille.
Elle était souvent essoufflée. Même simplement debout à la porte, à discuter. Je croyais que c'était de l'émotivité. Il est vrai qu'elle prenait tout à coeur.
Mais malgré sa relative jeunesse, ce coeur, justement, était bien usé. Et ses poumons ne pouvaient plus lui apporter l'air dont elle avait besoin. Cela, son pneumologue - qui a toujours pignon sur rue dans le boulevard - ne l'avait pas décelé. "Perdez du poids, Madame, vous respirerez mieux !". Sans blague.
Et puis un jour, elle sent, elle comprend que ce n'est pas si simple. Elle ne peut plus monter quelques marches sans peiner terriblement. Elle se met à appréhender les moments sympas où elle pourrait se rendre dans une salle de spectacle, ou à la piscine, parce qu'elle sait bien qu'elle ne tiendra pas. Alors elle change de pneumo... et tout s'accélère.
Oui, elle est malade, au point de devoir passer sur le billard le jour-même.
Suivront moults examens, analyses, opérations. Il faut une double greffe. Que son corps ne supportera pas.
J'ai préféré annoncer la nouvelle à ma fille moi-même. Inutile qu'elle l'apprenne par quelqu'un d'autre. De toutes façons, elle avait bien vu que je m'étais isolée pour pleurer dans le jardin.
Demain, premier jour sans elle.
Je ferme les yeux, et je la revois, je l'entends, je me remémore. Finalement elle est encore là. Et en même temps, non.
Je crois qu'elle savait ce que je pensais d'elle. Je crois qu'elle savait la tendresse, réelle, que j'avais pour elle. J'espère.
Bien à elle, et à ceux qui l'aiment.
Polyb.